ALI ET JIDDOU LE LIONCEAU

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ALI ET JIDDOU LE LIONCEAU

Ali va chaque matin trouver le marabout qui lui enseigne le Coran. Sa mahadra se trouve à deux kilomètres de leur campement. Ali emporte toujours son petit déjeuner dans une besace en tissu confectionnée par sa mère.

Un jour, sur sa route, il rencontre un lionceau qui a perdu ses parents. Le lionceau n’arrête pas de gémir de faim et de tristesse.

Ali lui donne la galette de mil et la gourde de lait qui constituent son repas du matin.
Le lionceau se jette sur la nourriture, mange et boit à satiété. Ali lui caresse la tête et lui murmure à l’oreille des paroles réconfortantes. Quand il a fini, le petit lion rugit de plaisir et lèche vigoureusement la main de son nouvel ami. Ali le surnomme Jiddou.
Depuis ce jour-là, Ali emporte toujours avec lui suffisamment de nourriture pour lui et pour son ami.
Jiddou, le petit lion, grandit vite et lèche de plus en plus vigoureusement les mains et le visage de son bienfaiteur Ali.
Quand Ali a un peu de temps à lui, il fait la course avec Jiddou. Ils jouent aussi avec lui à tous les jeux que permet la lisière de la savane, car il est dangereux de s’aventurer plus loin.
Un jour, un élève de la mahadra les surprend en train de s’amuser. Il va vite le raconter au marabout. Mais ce dernier ne le croit que quelques jours plus tard, quand il les voit lui-même ensemble.
Le même jour, Jiddou avise un énorme serpent, sorti de la savane, qui veut s’attaquer à Ali. Il l’enserre de ses griffes et le déchiquète à mort, sous le regard terrifié d’Ali.
• Maintenant, dit Jiddou à Ali, je vais te quitter. Ton marabout va organiser bientôt une battue pour me capturer. Je t’ai sauvé la vie, comme tu as sauvé la mienne. Mais ma place est à côté des autres lions, au fond de la savane. A partir de maintenant, tu peux compter sur mon amitié, chaque fois que tu auras besoin de moi. Tu n’auras qu’à siffler trois fois et je serai là.
Ali fait ses adieux à Jiddou le lionceau et le regarde tristement disparaître derrière les arbres de plus en plus touffus de la savane.
Quelques années plus tard, Ali, devenu un vigoureux jeune homme, aux muscles aussi développés que son intelligence, et aussi beau que sage, arpente la savane à la recherche de la vache de son père, perdue depuis le matin.
Tout à coup, devant lui, se dresse un rhinocéros menaçant. Ali essaye de se sauver pour échapper au danger mortel que constituent les cornes de l’animal, mais ce dernier lui coupe la route.
Désespéré et convaincu que sa dernière heure a sonné, Ali se souvient tout d’un coup des paroles d’adieu de Jiddou. Il siffle trois fois.
A sa grande joie, Jiddou apparaît à la lisière de la savane, grondant et rugissant. Le rhinocéros le charge, les naseaux fumant de colère. Jiddou saute sur le dos de la bête et commence à la lacérer de ses puissantes griffes, aussi aiguisées que les couteaux d’un boucher.
Le rhinocéros, terrorisé par les profondes blessures qui saignent sur son dos, se débarrasse de son adversaire, en le jetant à terre, d’une secousse énergique de son dos et prend la fuite, en couinant de douleur.
Jiddou s’avance alors vers Ali, cloué sur place par la peur, et se jette dans ses bras. Sous le choc, ils roulent tous les deux par terre, Ali, riant de bonheur et Jiddou rugissant de joie.
Ils passent un long moment à bavarder, comme deux vieux amis. Ils finissent par se séparer, en se faisant la promesse de se revoir de temps en temps. Pour cela, ils décident qu’il suffit qu’Ali siffle trois fois.
Jiddou annonce à Ali que la vache de son père se trouve derrière un fourré à quelques mètres de distance de l’endroit où ils se trouvent. Il lui raconte qu’il a passé la journée, non loin d’elle, pour la protéger contre les animaux, qui lui tournaient autour, avec l’intention de la dévorer.
Ali ramène la vache à son père, heureux d’avoir retrouvé son ami et de savoir qu’ils vont se revoir bientôt.
Dieu récompense toujours les bonnes actions et l’amitié est un trésor sur lequel il faut veiller.