Extrait de La couleur du vent ... 220

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Extrait de La couleur du vent ... 220

Taala s’était toujours demandé pourquoi les hommes devenaient si belliqueux quand l’un des leurs prenait épouse. Prudente, elle s’adossa au mur du fond et laissa Betoul jouer les Amazones et s’arracher la pauvre Lalla avec le marié et ses amis, ne craignant pas de se casser quelque chose, s’étonnant que certaines femmes pussent trouver du plaisir à ce jeu risqué, si on pouvait parler de jeu.

C’est la seule occasion où Yeslem est autorisé à entourer les épaules de Lalla de son bras publiquement et il en profita sans vergogne. Pendant qu’il se gargarisait comme un jeune coq, sous l’acclamation de ses amis, Taala sortit de la pièce, momentanément sanctuaire dédié à la vanité humaine, et appuya de nouveau son dos au mur, pantelante et étourdie par la bousculade et les senteurs entêtantes. Son attention fut attirée par un grand jeune homme mince qui contemplait la scène un peu en retrait lui aussi. Sa haute stature, la régularité et la finesse de ses traits ne pouvaient passer inaperçues.

Se sentant observé, il tourna la tête et son regard accrocha celui de Taala. Taala confuse le vit sourire doucement et avec beaucoup de charme. Elle secoua la tête pour se débarrasser du vertige qui s’emparait d’elle sournoisement et rendit son sourire à l’inconnu avant de sortir à la suite du groupe bruyant que formaient sa sœur, son mari et leurs amis. Le grand jeune homme séduisant leur emboîta le pas et tout ce beau monde se retrouva dans la rue. Chacun monta dans sa voiture.