Extrait de La couleur du vent ... Page 418

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La comparaison fit sourire Didi. Il alluma une cigarette à la flamme de son briquet Dupont, tira dessus et suivit la fumée des yeux, alors qu’elle se propageait lentement à l’intérieur de la voiture, en continuant de sourire. Dans la société bédouine où il a grandi, les campements s’installent à une certaine distance des puits, d’où ils s’approvisionnent en eau.

Quand les captifs reviennent de puiser l’eau, ils sont fatigués, couverts de boue et de sueur et se querellent sans fin. Disputes, éclats de voix et cris, inhabituels aux oreilles des nomades paisibles, mais qui annoncent de loin l’heureuse arrivée de la caravane d’ânes, portant les guerba remplies d’eau saumâtre et délicieuse aux palais bédouins, toujours secs. Cette eau si rare, si précieuse au cœur des voyageurs éternels qu’ils étaient et dont ils n’ont jamais assez.