Extrait de La couleur du vent, page 163 ...

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Extrait de La couleur du vent, page 163 ...

D’autres mendiants attendaient les passants pour leur sauter dessus comme une nuée de sauterelles, par un maigre hivernage. Taala arrêta sa course, poussa un profond soupir et regarda enfin autour d’elle. La matinée était miraculeusement fraîche. L’immensité de saphir glacé où se noyait l’opale du soleil éclaboussait tout l’être et le bordait d’une écume perlée d’allégresse. La joie de vivre y entrait par les yeux et en sortait par la plante des pieds, irradiant tout le corps et le laissant secoué, languide et heureux. Le plus petit capillaire sanguin en était illuminé et tout l’univers transfiguré. Taala eut une pensée tendresse pour Ahmed, comme chaque fois que quelque chose s’emparait de son être ou l’émouvait plus qu’un peu.