Extrait de La couleur du vent ... page 375

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Extrait de La couleur du vent ... page 375

Pour changer de sujet et alléger une atmosphère qui se chargeait sensiblement de larmes et de soupirs, Garmi enchaîna :- J’ai entendu hier au marché quelques tebriat édifiantes, attends un peu que je te les lise, je les ai notées dans un carnet, là dans mon sac :

Rêver de sa moitié * si seulement les rêves étaient réalité

7ad e7lem be9rinou * leyte la7lame ya9inou

Et encore,

Moi je t’aime très fort * quoi qu’ils se disent et que tu dises encore

Nebghik ane 7atte * yesswe elgalou welguelt ente

Cette dernière est très ancienne, mais je ne la connaissais pas :

J’ai vu un méhariste de mes yeux * à l’acacia humide sa passion mettrait le feu

Cheft ebjaoui * sa9mou yegdi 6al7 ellawi

Nos grand-mères n’étaient pas aussi réfractaires à l’amour qu’elles veulent bien le laisser croire aujourd’hui.Garmi essayait en vain d’égayer sa sœur, en chantant d’une voix à peine juste. Elle était prête à n’importe quoi pour la distraire. Si elle avait su pour l’état de Toutou, elle aurait mis sa mauvaise humeur sur le compte de sa grossesse. C’est un état qui exacerbe tous les sentiments et met le cœur à vif. Elle en savait quelque chose elle-même. Le beau regard de nuit volcanique de Toutou se voila de lointain et elle poussa un soupir à fendre l’âme.