Extrait de La couleur du vent ... page 342

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Extrait de La couleur du vent ... page 342

A l’ouest, l’horizon était un fleuve de sang aux affluents pourpre et or. Des écharpes de brume grise, poussées par un vent d’ouest couleur du temps, voguaient sur cet ensemble phosphorescent, avant de s’effilocher, happées par le néant, naufragées de la grande et quotidienne aventure vespérale qui accompagnait jusqu’à la fin un jour qui ne voulait point mourir solitaire. Rapidement, l’anthracite le plus franc succéda au magenta le plus primaire et la nuit tomba brusquement. Chez sa mère, Mariam devisait tranquillement avec Mahfoudh, le père de Safya et de Sidi. Lalla leur tenait compagnie. Tala salua Mahfoudh avec respect et timidité. Sa voix de stentor et ses manières bourrues la déconcertaient toujours. Juste après le départ de Sidi en octobre, Safya était retournée à Nouadhibou, près de son mari et de son bébé malade. Dah, en apprenant la réponse de son ex-femme – qui comme elle le supputait avait été promptement divulguée à son mari – quand elle fut mise au courant de la maladie de son bébé, était entré dans une colère terrible. Il décida d’oublier jusqu’à l’existence de cette femme sans âme et sans conscience.