L’écriture et moi ...

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L’écriture et moi ...

Ecrire ...

Elle me tire de ma léthargie, de mon incertitude, de la solitude de mon esprit, de cette tristesse latente, dont je n’arrive pas à déterminer la source, pour la tarir à jamais ou m’en désaltérer à mourir. Sans elle, je suis là, indécise, sans savoir exactement pourquoi. Je tâtonne dans les méandres d’un jour blême qui refuse de se découvrir à moi, qui me tend les mains pour abandonner les miennes tout de suite après. Je ne sais plus si c’est l’incertitude et un vague désespoir qui me tiennent sous leur coupe ou si c’est moi qui les tiens. J’en tresserais bien un collier dont j’ornerais la frontière de mes sensations.

Cela se passe au niveau du cœur et des tripes chez moi ... Et ça sort à l’occasion d’une étincelle venue de nulle part ...

Quand je versifie moi-même et parfois même sans versifier, la rime vient à moi toute seule et je l’accueille avec bonheur et gratitude.

Respecter l’harmonie, la musicalité, son cœur ... Et en respectant son cœur, on peut écrire des choses qui sembleront dénuées de sens au commun des mortels ... Mais ils fermeront les yeux car une musique irrésistible les aurait menés ailleurs ... Dans un monde, où il importe plus de sentir que de comprendre ... Quand je lis un poème, j’éprouve d’abord sa beauté avant sa signification.

Je ne peux pas changer le monde, mais je peux essayer, en écrivant, de rendre les gens heureux. Je puise mon bonheur dans celui des autres.

Ecrire nous ôte ce vague à l’âme, ce mal être qui nous effleure et nous enivre tout au long de notre vie. C’est un cri déchirant, qui traverse les siècles, nargue le temps et l’espace et étreint nos cœurs d’une insondable tristesse.

L’écriture est inséparable de cette tristesse-là, toujours à l’affût d’un mot, d’une image, pour que telle une déferlante, elle ravage tout sur son passage. Ecrire, ce bonheur et ce chagrin emmêlés, inextricables. Devrait-on pleurer de bonheur ou rire de chagrin ? Pourquoi sommes-nous ainsi ? Je ne sais pas, je sais seulement et c’est de plus en plus clair pour moi, que nous les écrivains et poètes, pour notre malheur ou pour notre bonheur, je ne sais pas non plus, nous sommes de la race malheureuse des artistes, des écorchés vif, des mélancoliques, des insatisfaits, des rêveurs incorrigibles, des idéalistes aux mains vides et aux cœurs débordants d’amour de la vie, d’amour de la beauté. Et nous n’avons pas dit notre dernier mot ...