La vengeance de Mariam

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La vengeance de Mariam

A l’est de ce qui est aujourd’hui la Mauritanie, se trouvaient deux gros villages. Tama et Vama. Deux villages qui s’étaient sédentarisés et vivaient de la chasse, de l’agriculture, du commerce et du troc. Les autres membres de leur tribu avaient préféré continuer à mener leur vie nomade d’éleveurs transhumants d’antan, à travers d’immenses contrées, dont l’intérêt pastoral dépendait étroitement de la tombée des pluies.

Tama et Vama quant à eux eurent la chance de se trouver sur le chemin des caravanes qui acheminaient toutes sortes de richesses du nord de l’Afrique vers le sud et du sud vers le nord. Ce mode de vie leur permit de s’enrichir et de fonder deux principautés prospères. Les villages grandirent, grandirent et devinrent des villes, entourées de villages et de campements pour les nouveaux arrivants, en quête de travail et de vie facile. Hélas, et alors que leurs émirs étaient issus de la même famille, ces deux villes étaient en guerre perpétuelle.

Ces conflits dataient de l’époque où leur ancêtre commun vit les deux seuls fils qu’il avait s’entredéchirer sans merci, opposés par une querelle venimeuse, dont ils refusèrent de divulguer la cause et qui resta ainsi inconnue à jamais. Désespérant de pouvoir les réconcilier, leur père, la mort dans l’âme, se résolut à diviser le territoire, sur lequel plusieurs générations de sa famille avaient toujours régné. Il en fit deux états indépendants, gouverné chacun par un de ses fils. Cette vieille inimitié ne diminua malheureusement pas avec le temps. Et le destin voulut que ce fût toujours Tama qui eût le dessus, dans tous les affrontements qui les opposèrent.

L’émir actuel de Tama, Moulaye, avait sept filles et celui de Vama, Houssein, sept garçons. Les batailles continuèrent à être invariablement remportées par l’émir de Tama, Moulaye, le père des sept filles. Enragé, ainsi que ses fils, par cette situation qu’ils jugeaient tous dégradante, Houssein et ses fils n’avaient qu’un seul rêve : gagner ne serait-ce qu’une seule des batailles qui les opposaient à Tama.

Pour atteindre cet objectif, Houssein usa de tous les stratagèmes possibles et imaginables. Il fit appel aux plus grands stratèges de combat de tous les temps. Il dépensa des fortunes colossales en gris-gris. Tous les magiciens de la région furent invités à unir leurs sortilèges et leurs incantations pour contrecarrer l’invincibilité de leurs voisins. Tous ces efforts échouèrent et Houssein continua à perdre bataille après bataille.

Un de ses ministres vit là l’occasion de se rapprocher de son émir et devenir un de ses favoris. Il se fit annoncer et après moult signes de respect, baisemains et prosternations, il demanda l’autorisation de parler. Houssein la lui accorda avec lassitude.

A suivre ...

dans le recueil de contes et nouvelles

en cours de publication