La Couleur du vent ... page 420

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La Couleur du vent ... page 420

La plupart du temps, ils se taisaient, savourant en silence le bonheur miraculeux d’être des amis dans leur situation. Ils écoutaient le soir tomber et le vent jouer avec les arbres. Par les vitres ouvertes, ils laissaient la poussière se poser sur leurs bras, leurs visages, tel le duvet d’un cygne doré. Le vent et le sable, compagnons éternels du Mauritanien. Ils l’aidèrent de tout temps à surmonter la solitude des grands espaces et à supporter la monotonie des jours qui se ressemblent. Compagnons parfois torrides qui enfantent la poussière, juvénile, fragile, évanescente et espiègle. Poussière de mon cœur, se disait Tala, lyrique, poussière à la couleur des crépuscules diaphanes, viens te déposer sur mon cœur angoissé, tiens moi compagnie dans ma solitude. Didi et elle allaient parfois admirer un coucher de soleil au bord de l’océan atlantique. Quand le soleil jetait un dernier regard de braise avant de plonger, avec tristesse et résignation, pour son suicide quotidien.La mer rougissait du sang répandu et le ciel pleurait devant la longue nuit de délaissement qui l’attendait. Des larmes qui s’épandaient, tels des pétales de fleurs fantasmagoriques, roses, rouges, mauves et pastel.