Lecture par Maryam Brodowski

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Lecture par Maryam Brodowski

Ce n’est qu’un livre…

Un livre comme beaucoup d’autres que vous retrouverez sous peu sur les rayons des librairies dignes de ce nom ! Vous admirerez probablement sa belle page de couverture qui se trouve être la reproduction d’un tableau de la talentueuse Khadijetou Mint Ismaël ! Vous le prendrez peut-être en mains, votre curiosité étant éveillée par le titre un peu irréel « la couleur du vent » de Aïchetou Ahmedou… Si vous êtes comme moi victime de la passion des livres, vous le feuillèterez pour essayer de comprendre ce titre… Je vous mets en garde vous n’aurez pas encore fini la première page que vous serez déjà pieds et poings liés sous le charme ! L’auteur, appréciée mais pas encore connue à sa valeur, que j’ai la grande joie de connaitre et l’honneur de compter parmi ses amies nous attire dans son monde. Un univers qu’elle nous fait partager, avec modestie, finesse, sensibilité ! Elle aborde ses personnages avec douceur et une incontestable tendresse ; Elle parle de Tala une très belle jeune femme qui réussit à faire côtoyer la plus pure tradition maure et un modernisme discret mais réel ! Elle nous enveloppe dans des phrases d’une touchante sincérité, elle raconte en termes simples l’histoire émouvante de cette jeune femme… Elle décrit tout simplement, n’oublie aucun détail, nous fait connaitre avec beaucoup de pudeur les sentiments, les rêves, les craintes et le besoin d’aimer de son héroïne ! Elle ne juge, ni ne condamne, elle n’embellit pas non plus… Elle témoigne sans détours, à la manière de la « grande dame » qu’elle est, même si elle n’en a pas encore pris conscience ! Dans le premier entretien que nous eûmes, elle parla de son livre comme de quelque chose qui lui tient à cœur, mais aussi en ne se prenant pas du tout au sérieux, à moi la Toubab fascinée par cette culture et qui savait qu’il lui faudrait beaucoup de temps, de patience, de ténacité pour tenter de la cerner ! Ses personnages vivent devant nous, merveilleusement décrits, sans savoir que nous les observons donc en toute liberté et toute sincérité ! Ils nous font sentir les courants qui agitent leur âme, qui voudraient parfois être plus directs, plus expansifs, sauter un peu par-dessus les traditions et les usages… Pas beaucoup, juste un petit peu pour avoir un sentiment de liberté et d’autonomie sans faire de mal à personne, un peu comme les gens qui vous bousculent l’espace d’un instant et s’excusent immédiatement ! Tala est amoureuse d’Ahmed un garçon très sérieux qui l’aime également et paradoxalement lui, ose lui avouer son amour, et bien qu’il soit parfaitement conscient des sentiments de Tala pour lui il sait pertinemment bien que les mots révélateurs ne franchiront pas ses lèvres ! Elle veut un peu le pousser à lui dévoiler quand leur mariage aura lieu, mais en expressions voilées et un peu ambigües ! Il répond de façon évasive et légèrement irrité … Quand il aura de l’avancement, donc un meilleur salaire… Serait-elle prête à partager sa vie sans ses acquis matériels ? Bien entendu il ne lui demande pas et elle trouverait inconvenant de l’évoquer ! Pour ne pas détériorer leur relation, elle cache sa déception… Et lui offre le visage qu’il attend d’elle ! A travers les expériences des femmes de sa famille et de son entourage amical, Tala connait la fragilité du « bonheur conjugal » Sa sœur ainée mariée deux fois est déjà deux fois divorcée… Sa pudeur, très perceptible nous laisse tout de même le droit de découvrir la richesse de sentiments, qui se cachent derrière des montagnes de coutumes, d’habitudes, de règles, d’interdits… Elle nous donne l’occasion d’aller à la rencontre de son âme, ses craintes, ses étouffements… Ses joies aussi… Car dans un livre comme celui là il y a je pense toujours quelque chose d’autobiographique d’une façon ou d’une autre ! Je vous donne rendez vous au Musée National Mardi le 2 décembre à 16 heures 30 Vous aurez la possibilité de rêver avec nous dans une atmosphère conviviale, accueillante, venez découvrir ou redécouvrir cette femme hors du commun ainsi que la société maure et toutes ses particularités qu’elle nous présente d’une façon inégalable… Saurez-vous alors qu’elle est « La couleur du vent » ? Pour moi il est de toutes les couleurs pastels, parce qu’elles sont tendres et douces… A chacun de vous de la découvrir… Maryam Brodowski-Bâ maryambrodowski@yahoo.fr